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Dans un contexte économique en perpétuelle mutation, comprendre la solvabilité d’une entreprise constitue un enjeu stratégique pour les décideurs financiers, les juristes d’entreprise et les experts-comptables. L’analyse des ratios de bilan offre une vision claire de la capacité d’une société à faire face à ses engagements à long terme et à sécuriser ses financements.
La solvabilité, définie comme la capacité d’une entreprise à rembourser l’ensemble de ses dettes à leur échéance, est au cœur des décisions de financement et de cession. Les banques et investisseurs s’appuient sur des indicateurs financiers pour évaluer le risque de défaut. Un ratio d’endettement trop élevé peut entraîner la hausse du coût de la dette ou le refus de crédit, tandis qu’une solvabilité solide ouvre la voie à des conditions de financement plus favorables.
Sur le plan juridique, les entreprises françaises sont soumises à des obligations de dépôt et de publication des comptes (Code de commerce, article L. 232-1 et suivants). La certification du bilan par un commissaire aux comptes implique un examen rigoureux des retraitements et des engagements hors bilan. Économiquement, la solvabilité influence la confiance des partenaires commerciaux et la notation financière, deux éléments déterminants pour la compétitivité.
Cet article s’inscrit dans une série dédiée à l’exploitation du bilan : entre intégration des normes IFRS, digitalisation des process et due diligence. Il met l’accent sur l’analyse de la solvabilité, complétant les articles précédents sur les normes IFRS et la due diligence financière.
Il est essentiel de différencier trois notions souvent confondues :
La solvabilité s’apprécie à partir des bilans pluriannuels, la liquidité au travers du cycle d’exploitation, et la rentabilité via le compte de résultat.
Chaque partie prenante aborde la solvabilité sous un angle différent :
Le bilan français, organisé selon le Plan Comptable Général (PCG), met en avant des postes distincts (actif immobilisé, passif social). Les normes IFRS privilégient une présentation par liquidité décroissante. Les principales différences résident dans :
Un retraitement IFRS-to-PCG ou inverse est souvent nécessaire pour garantir la comparabilité des ratios.
Pour fiabiliser l’analyse, il convient de retraiter :
La rigueur du retraitement passe par un contrôle des flux exceptionnels :
L’essor des ERP et des outils de reporting temps réel renforce la fiabilité des données :
L’analyse peut porter sur :
Les PME peuvent bénéficier d’exemptions et d’allègements pour la consolidation, modifiant la comparabilité des ratios.
En cas de croissance externe ou de restructuration :
Formule : Dettes financières nettes / Capitaux propres. Ce ratio, ou « gearing », mesure le niveau d’effet de levier de l’entreprise. Ex. : 500 000 € de dette nette pour 300 000 € de capitaux propres → gearing = 1,67. Seuil d’alerte classique : >1,5 pour une PME ; >2 pour une grande entreprise capital-intensive.
Limites : ne tient pas compte des dettes hors bilan (engagements de pension, garanties données) ni des dettes subordonnées souvent considérées quasi-fonds propres.
Formule : Capitaux propres / Total du bilan. Il reflète la part de ressources propres dans le financement de l’actif. Un ratio >30 % est généralement rassurant, tandis que <20 % signale une dépendance excessive aux créanciers.
Influence directe sur la notation financière : Moody’s ou S&P exigent souvent un ratio >25 % pour les notes investment grade.
Formule : Résultat d’exploitation (EBIT) / Charges financières. Ce « interest cover » indique combien de fois l’EBIT couvre les intérêts. Un ratio >4 est confortable pour une TPE/PME, tandis qu’un ratio <2 doit attirer l’attention.
En entreprise capital-intensive (automobile, chimie), les charges financières représentent souvent 15–20 % de l’EBIT, d’où une tolérance plus faible.
Formule : Capitaux propres / (Dettes + Capitaux propres). Similaire au ratio d’autonomie, ce ratio sert de référence dans la réglementation bancaire (Bâle III) pour le calcul des fonds propres durs (Tier 1).
Pour une banque, un ratio de solvabilité ≥ 8 % est requis, mais en entreprise, on vise généralement ≥ 25 % pour disposer d’une marge de manœuvre.
L’approche statique consiste à analyser les ratios à une date donnée, utile pour un comparatif instantané. L’approche dynamique, en revanche, suit l’évolution sur plusieurs années (trend analysis) :
L’analyse gagne en pertinence si on la confronte :
Plusieurs indicateurs alertent sur un risque de déséquilibre :
La société « IndusTech », PME industrielle de 50 salariés, présente un bilan retraité au 31/12/N :
Des ajustements IFRS ont concerné la requalification de contrats de location en dette financière de 150 000 € et la réintégration d’une provision pour litige de 50 000 €.
Dans un tableau Excel, on calcule :
Les ratios montrent :
Recommandations :
La mise en place d’un tableau de bord financier automatisé via Power BI ou un ERP permet :
Les ratios donnent une image à un instant T et peuvent masquer :
Plusieurs mécanismes peuvent fausser l’analyse :
Les réformes à venir (IFRS 17, digital reporting) offrent des opportunités mais imposent :
Au-delà de l’analyse historique, l’avenir réside dans la construction de modèles prévisionnels intégrant :
En adoptant une démarche proactive, les entreprises renforcent leur résilience financière et leurs capacités d’investissement, tout en anticipant les évolutions réglementaires et technologiques.